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Chaire d’excellence en recherche du Canada (CERC)

Utiliser l’API de Twitter pour alimenter la recherche universitaire

En bref :Découvrez comment Stein Monteiro — chercheur à la Chaire d’excellence en recherche du Canada (CERC) sur la migration et l’intégration à l’Université Ryerson — a pu utiliser les données Twitter pour faire progresser ses recherches sur la relation entre la diaspora indienne et l’Inde pendant les manifestations des agriculteurs.Pour Stein Monteiro, les manifestations des agriculteurs en Inde soulevaient une question intéressante : comment la diaspora indienne réagirait-elle à une période marquée par des événements majeurs en Inde ? Avec l’aide de l’API de Twitter, il a pu trouver la réponse. Lisez la suite ici.

Défi

Pour Stein Monteiro — chercheur associé à la Chaire d’excellence en recherche du Canada (CERC) sur la migration et l’intégration à la Ryerson University — le travail se situe à l’intersection des statistiques, de la culture et de l’actualité. Si son expertise en économie l’a bien préparé à une carrière universitaire, c’est sa propre expérience qui a nourri sa passion pour les études sur les migrations. Né et ayant grandi en Inde, Stein a vécu à Dubaï durant ses années de lycée avant de partir au Canada pour son premier cycle universitaire. Pour lui, le sentiment d’être nouveau dans un pays était profondément familier. Il n’était pas étranger à l’expérience consistant à devoir s’orienter dans de nouveaux systèmes sociaux, de nouveaux climats et de nouveaux modes de vie. Le processus d’adaptation à de nouvelles cultures et à de nouveaux environnements a éveillé son intérêt pour le parcours d’intégration des migrants. Au fil de ses études en économie, l’attrait de ces expériences plus personnelles est resté puissant — il a donc cherché à combiner ces deux mondes. Pour obtenir son doctorat en économie, il a centré sa thèse sur la littérature consacrée aux études migratoires. Pendant qu’il travaillait sur cette thèse, Stein a appris à coder en autodidacte. Lorsqu’il a ensuite travaillé comme statisticien au Humber College, il a pu mettre en pratique ce qu’il avait appris. Le code a rendu possible l’automatisation — simplifiant son travail en organisant et en traitant les données. En traduisant son processus de travail sous forme de code, Stein a pu identifier les problèmes plus facilement et expliquer à d’autres son travail et sa démarche de réflexion, étape par étape. Cela a ouvert une toute nouvelle façon d’envisager un problème et de concevoir des solutions. Il prenait peu à peu conscience du potentiel illimité de ce savoir-faire, et il a emporté ces compétences avec lui à la Chaire d’excellence en recherche du Canada (CERC). À la CERC, l’attention de Stein a été captée par l’activisme en ligne qu’il observait sur l’ensemble des réseaux sociaux, en particulier autour des manifestations des agriculteurs indiens (déclenchées par trois lois controversées introduites en août 2020). Il voyait des liens entre ces manifestations et son travail. C’était un moment important : ce qui se passait en temps réel pouvait révéler des informations sur l’expérience migrante et diasporique dans son ensemble. Alors que la conversation prenait de l’ampleur autour de lui, il se demandait comment l’activisme en ligne influençait l’activité des personnes de la diaspora indienne vivant au Canada, au Royaume-Uni, en Australie et dans les pays du Golfe. Comment les réseaux sociaux relient-ils les migrants aux conversations en Inde ? Il était temps de se mettre au travail.

Solution

Afin de mieux comprendre la relation entre la diaspora indienne et son lien avec les manifestations des agriculteurs, Stein savait qu’il devait se brancher sur la conversation en ligne — il a donc braqué son attention sur Twitter. Selon Stein, « ces événements locaux ont pu s’adresser à un public international, non seulement parce que Twitter est un phénomène international mais aussi parce que des personnes, des gens ordinaires, pouvaient se parler en ligne, et qu’ils pouvaient se connecter les uns aux autres, simplement via un hashtag. » Pour lui, avec Twitter, « vous pouvez être un participant aux manifestations des agriculteurs qui ont lieu en Inde sans être Indien, ou être Indien mais vous trouver dans une autre partie du monde. » Stein voyait Twitter comme le lieu qui rassemblait les manifestants, la rhétorique anti-manifestation, les entités pro-gouvernementales et les expériences non filtrées de ce qui se passait réellement sur le terrain. Et il voulait en être. En absorbant ces conversations, Stein devait se concentrer sur quelques points : quand quelqu’un publie quelque chose en ligne en Inde, comment ce Tweet se propage-t-il au reste du monde ? Comment l’information circule-t-elle à travers les réseaux, les hashtags, etc. ? Et comment la diaspora réagit-elle aux Tweets venant d’Inde ? Stein a pu y voir plus clair grâce à l’API de Twitter, qui a introduit le parcours de produit Academic Research, permettant l’accès à des données historiques en plus de grands volumes de Tweets et d’informations sur les auteurs pour une analyse approfondie. Pour Stein, la force de l’API résidait dans la possibilité d’accéder aux données sur une longue période, ce qui lui permettait de créer une dimension temporelle des conversations — qui retweete quoi et qui parle à qui. Avec toutes ces informations à sa disposition, il a été choqué par ce qu’il a découvert : il y avait un niveau d’activité considérable de la part de la diaspora indienne réagissant à la situation en Inde. Stein explique : « ce n’était même pas une activité différée, c’était presque immédiat. Donc, en l’espace d’une journée, je voyais des Retweets de personnes publiant en Inde, puis des Retweets se produisant dans le reste du monde. » Les données étaient claires : les réseaux sociaux permettent aux migrants et aux diasporas de rester connectés à leur pays d’origine et de jouer un rôle actif dans des conversations importantes.

Impact

En utilisant l’API ouverte de Twitter, Stein a pu étudier un événement d’actualité qui lui a permis de mieux comprendre la conversation plus large autour de l’expérience migratoire. L’accès aux données, ainsi qu’aux fonctions pour filtrer et trier ces données, s’est révélé déterminant pour ce projet. Plus important encore, Stein a reconnu l’importance de Twitter comme outil pour la recherche académique dans son ensemble. Pour lui, l’un des plus grands obstacles en recherche est que les données doivent être collectées à l’échelle mondiale. Heureusement, la présence internationale de Twitter offre cet accès à des informations mondiales, sans qu’il soit nécessaire de dépenser beaucoup d’argent pour des enquêtes et des groupes de discussion dans différentes régions du monde. Stein explique que « Twitter permet aux chercheurs et à la communauté académique d’accéder aux données pour leurs propres travaux de recherche d’une nouvelle manière, afin de développer de nouvelles méthodologies, mais aussi de manière économique. » Il estime que les conversations en ligne étaient utiles parce qu’« elles étaient très peu filtrées et impartiales, des conversations qui se déroulaient entre des personnes sans l’ingérence du chercheur dans cette conversation. » Le travail de Stein a démontré que Twitter reste un outil de mise en relation à l’échelle mondiale — tandis que les API de Twitter peuvent aider à dégager des enseignements à grande échelle qui émergent de cette mise en relation.